mardi 3 février 2009

PETITION : Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale - Pétition universelle

TLAXCALA
le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique
Environ 300 ONG et associations vont saisir le Procureur près la Cour Pénale Internationale, pour qu'une enquête soit ouverte à propos des crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Votre soutien est indispensable. Signez et faites circuler cette « pétition universelle ». C'est urgent.

A Monsieur le Procureur près de la Cour Pénale Internationale (CPI)

Le droit est la marque de la civilisation humaine. Chaque progrès de l'humanité est allé de pair avec le renforcement du droit. Le défi que nous lance l'agression d'Israël sur Gaza est d'affirmer, au cœur de ces souffrances, qu'à la violence doit répondre la justice.
Crimes de guerre ? Seuls les tribunaux peuvent condamner. Mais nous devons tous témoigner car un être humain n'existe que dans son rapport aux autres. Les circonstances donnent toute sa dimension à l'article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1949 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
La protection des peuples, et non pas celle des Etats, est la raison d'être de la CPI. Un peuple sans Etat est le plus menacé de tous, et, devant l'Histoire il se trouve placé sous la protection des instances internationales. Le peuple le plus vulnérable doit être le plus protégé. En tuant les civils palestiniens, les chars israéliens font saigner l'humanité. Nous avons milité pour que le pouvoir du Procureur général soit au service de toutes les victimes, et cette compétence doit permettre d'adresser au monde entier un message d'espoir, celui de la construction d'un droit international fondé sur le droit des personnes. Et ensemble, un jour, nous pourrons rendre hommage au peuple palestinien pour tout ce qu'il a apporté dans la défense des libertés humaines.

Campaña iniciada el

lundi 2 février 2009

Création du premier mouvement universitaire américain de boycott antisioniste

alterinfo
http://www.alterinfo.net/Creation-du-premier-mouvement-universitaire-americain-de-boycott-antisioniste_a29215.html
Vendredi 30 janvier 2009
http://www.almanar.com.lb

Suite à l'agression israélienne contre la bande de Gaza qui a tuée plus de 1400 Palestiniens, dont 420 enfants, un groupe de professeurs d'université américaine a pour la première fois, lancé une campagne nationale appelant à un boycott universitaire et culturel de l’entité sioniste.

Certes pour les universitaires israéliens ce genre de mouvement ne les surprend pas, ce n’est pas la première fois qu’ils sont confrontés à ce genre de situation. Ainsi en Grande-Bretagne, les groupes antisionistes ont tenté à plusieurs reprises d'établir des boycotts universitaires. Par contre, ce qui est une première en soi, c’est qu'un mouvement national académique de boycott antisioniste émerge des Etats-Unis. Les professeurs israéliens ne sont pas encore sûrs de l’impact d’un tel mouvement âgé d'une semaine, toutefois ils prennent très au sérieux ce mouvement voire des discussions ont lieu sur les moyens de lui faire face. Dans leur premier communiqué de presse de jeudi dernier, la campagne américaine pour le Boycott Académique et Culturel d'Israël a affirmé : « En tant qu’éducateurs de la conscience, il était inacceptable pour nous de rester les bras croisés et de regarder en silence l’agression d'Israël sur la bande de Gaza et sur ses établissements d'enseignement ». Dénonçant dans son énoncé, la "censure et le musellement de la question Palestinienne dans les universités américaines, ainsi que dans la société américaine en général", le groupe suit le modèle des mouvements de boycotts, appelant à " des mesures punitives non-violentes contre Israël, comme la mise en œuvre de projet de désinvestissement, similaires à ceux appliqués à l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid." La campagne a été fondée par un groupe de 15 universitaires, principalement de la Californie, mais elle est ", actuellement en expansion afin de créer un réseau qui englobe l'ensemble des Etats-Unis», selon David Lloyd, professeur d'anglais à l'Université de Californie du Sud, motivés par de leur détermination à dire" ça suffit ". «La réaction a été remarquable compte tenu de l'extraordinaire pouvoir du lobby sioniste via des organisations comme l'AIPAC qui exercent de fortes pressions sur la politique américaine et sur les médias américains, et en particulier en raison de la campagne d'intimidation qui a été lancé contre des universitaires qui osent critiquer la politique israélienne», a écrit David Lloyd dans un e-mail à Haaretz lundi. «Au cours de ce week-end depuis le dépôt du communiqué de presse, plus de 80 universitaires de l'ensemble du pays ont souscrit à l'action et le nombre continue de croître." Question si le groupe accepte que des supporters du Hamas se joignent à eux, Lloyd a répondu : "Nous n'avons pas d'a priori politique à l'égard de l'appartenance ou l'affiliation des partisans du boycott, pour autant qu'ils sont en accord avec les principaux objectifs énoncés dans le communiqué de presse ». L'idée d'un boycott universitaire contre Israël a commencé en 2001 la "Conférence mondiale contre le racisme» à Durban, en Afrique du Sud. Une première tentative de mettre en œuvre un boycott a été entrepris par des professeurs britanniques en 2002, suite à "l'opération israélienne Bouclier défensif» et au massacre de Jénine . Depuis lors, les universitaires britanniques ont tenté à plusieurs reprises de mettre en excution plusieurs campagnes de boycott, leur dernier effort en ce sens a été mis en échec par des conseillers juridiques qui ont prétendu il y a quelques mois, que les boycotts académiques sont discriminatoires et donc illégales. Pourtant, les analystes disent qu’une campagne de boycott britannique est à prévoir dans le suivi du "Cast Lead". Les premiers signes que le climat pourrait changer sont prévisibles ce mois-ci lorsque le Syndicat canadien de la fonction publique, l'Ontario a proposé, à ce que les «universitaires israéliens soient empêchés de parler, d'enseignement ou de recherche dans des universités de la province à moins qu'ils condamnent les actions d'Israël dans la bande de Gaza ", selon le site Inside Higher Ed Web .

samedi 31 janvier 2009

Science et guerre, pas de neutralité - Boycotter les universités d’Israël

Alterinfo
http://www.alterinfo.net/Science-et-guerre,-pas-de-neutralite-Boycotter-les-universites-d-Israel_a28925.html
Source : Il Manifesto
Traduction : Marie-Ange Patrizio
http://ism-france.org/news/article.php?id=11025&type=analyse&lesujet=Boycott
Samedi 24 Janvier 2009

PHOTO : ANGELO BARACCA http://www.consiglio.regione.toscana.it/politica/archivio-elettorale/navicella/baracca.asp

La question posée par les étudiants de l’Université La Sapienza de Rome, sur le boycott universitaire d’Israël et la recherche militaire en général, concerne plus d’une question, que je voudrais aborder en apportant mon soutien à la proposition.

Par Angelo Baracca.
Angelo Baracca est enseignant de physique à l’Université de Florence.

Une première question concerne les aspects politiques contingents sur lesquels pèse le jugement sur Israël et le conflit israélo-palestinien : si en 42 années (60, NdT) la puissance incomparablement la plus forte de la région n’a pas trouvé le moyen de résoudre le problème du peuple et de l’Etat palestiniens, elle en porte sans aucun doute la responsabilité prépondérante. Aux collègues qui refusent d’interrompre leurs collaborations scientifiques avec Israël, je voudrais demander s’ils auraient la même réponse s’il s’agissait de collaborations, mettons, avec l’Iran ; et je le dis non pas pour réitérer des accusations contre Téhéran, dont je n’ai aucune sympathie pour les dirigeants, mais parce que jusqu’aujourd’hui, l’Iran n’est inculpable d’aucune violation du droit international. Israël est en violation manifeste du droit international, au moins parce qu’il ne déclare pas son propre potentiel nucléaire et n’admet aucune vérification de l’Agence internationale pour l’énergie atomique. On pourra répondre que cela n’a rien à voir directement avec les collaborations scientifiques de base. Je voudrais rappeler alors qu’en 1939, divers scientifiques proposèrent de ne pas publier les résultats des recherches sur l’uranium : ce ne fut accepté que plus tard, mais aucun scientifique n’aurait maintenu de collaborations avec l’Allemagne nazie. Que ce soit clair, je ne suis pas en train de comparer Israël à l’Allemagne nazie, je ne fais que me référer à des violations du droit international et aux risques d’escalade militaires, sur lesquels des personnes raisonnables ne devraient avoir aucun doute. Il y a quelques années, l’Union Européenne lança de fortes sanctions contre Cuba, au motif d’avoir fusillé ou emprisonné des citoyens qui s’expatriaient clandestinement : ces dispositions compromirent la collaboration scientifique et universitaire que moi, avec d’autres, entretenions avec Cuba : y a t’il aujourd’hui quelque collègue concerné par Israël qui prenne la parole ? Israël est un Etat « juif », dans lequel la minorité non juive a un statut social différent. Les collègues qui collaborent avec les universités et centres de recherche israéliens se sont-ils jamais préoccupés de demander à leurs collègues quel est le pourcentage d’arabes dans le corps universitaire et de recherche ? Et si ces instituts ont des collaborations avec des centres militaires ? Le directeur du Département de Physique de Rome aurait répondu aux étudiants (je cite Il Manifesto) ne pas savoir quel avenir peuvent avoir ces applications, si dans des directions positives ou à des fins guerrières. Ces jours-ci (comme déjà en 2006), circulent avec insistance des accusations contre Israël sur l’usage ou l'expérimentation d’armes nouvelles et atroces. L’écrivain israélien Shamuel Amir dénonçait dimanche le caractère « colonial de la guerre développée par le sionisme », avec la supériorité écrasante de ses armements.
Face à ces risques, les scientifiques ne peuvent pas se donner bonne conscience : qu’ils essaient seulement de prendre position contre les armes utilisées par Israël et nous verrons si leurs collaborations continueront ! Mais je n’en veux pas particulièrement au Directeur du Département, parce que derrière sa réponse, on trouve une question plus générale : l’idéologie selon laquelle la science a une valeur universelle au dessus des questions sociales et n’est pas responsable des applications –bonnes ou mauvaises– de ses résultats. Je n’entre pas dans la discussion. Je me souviens de l’exclamation d’Enrico Fermi : « Laissez moi tranquille avec vos scrupules, c’est une physique tellement belle ! ». La science est un produit de l’activité des hommes, elle participe et se ressent de leurs finalités, et ceux-ci ne peuvent pas se laver les mains de son usage. On ne se souvient jamais qu’une tranche non négligeable de la communauté scientifique travaille dans des centres de recherche militaire, qui ont toutes les ramifications possibles, et peut-être impensables. Je partage les réserves à collaborer avec l’université de Californie, qui collabore avec le laboratoire Livermore où se conçoivent les projets d’armes nucléaires.
Aujourd’hui, face aux défis auxquels l’humanité doit faire face (et le premier est peut-être le risque d’un holocauste nucléaire), les scientifiques doivent assumer de plus grandes responsabilités en ce qui concerne leur travail et leurs choix.

vendredi 30 janvier 2009

Lutte contre l’apartheid et la guerre : des stars de Hollywood boycottent Zara

Alterinfo
http://www.alterinfo.net/Lutte-contre-l-apartheid-et-la-guerre-des-stars-de-Hollywood-boycottent-Zara_a28245.html
Vendredi 09 Janvier 2009, voltairenet
http://www.voltairenet.org/article158942.html

Des stars de Hollywood (dont Salma Hayek, Sharon Stone, Whitney Houston, Halle Berry, Drew Barrymore, Brooke Shields, Andie Macdowell et Lucy Liu) ont exigé le retrait immédiat de leurs photographies sur les sites internet de Lev Leviev (marques : Zara, Bershka, Pull and Bear, Massimo Dutti, Stradivarius, Oysho, Kiddy’s Class - Skhuaban, Zara Home, Uterqüe).
Déjà l’ONG britannique Oxfam depuis janvier 2008 et l’UNICEF depuis juin 2008 ont coupé tout lien avec le célèbre milliardaire (210e fortune du monde) et refusé tout don de sa part, compte tenu de l’origine criminelle de sa fortune et des projets illégaux qu’il finance..
Lev Leviev
, principal concurrent de De Beers, a constitué un empire financier sur l’exploitation des diamants africains, notamment angolais, en entretenant des situations de guerre. Via la holding Africa Israël Investments, il possède aujourd’hui de nombreuses sociétés immobilières dans le monde (Danya Cebus, AFI), des groupes financiers, des hôtels, des sociétés gazières et pétrolières (Alon/Fina), des médias (Israel Plus TV) et des chaînes de mode. En violation des résolutions de l’ONU, il a utilisé sa fortune pour construire des colonies de peuplement sioniste en volant des terres dans les Territoires palestiniens.
Vous aussi, vous pouvez exiger le respect du droit international : boycottez les sociétés qui servent au financement de l’apartheid et de la guerre.

Le boycott des produits israéliens commence à porter ses … fruits !


mecanopolis
Yair Hason, pour Yediot Aharonot Online
article daté du 16 Janvier 2009
Traduction : Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine

Les cultivateurs de fruits israéliens déplorent que l’étranger annule ses commandes et laissent leurs produits pourrir dans les entrepôts. On est tristes pour eux !


“Les cultivateurs de fruits d’Israël ont noté des reports et des diminutions de commandes étrangères depuis que l’opération militaire de Gaza a été déclenchée, à cause des diférents boycotts contre les produits israéliens.
Les fermiers disent qu’une grande partie de leur production restera dans les entreprôts à cause des lettres d’annulation, et craignent une chute record de l’exportation de fruits vers les pays tels que la Jordanie, la Grande Bretagne, et les pays scandinaves.
« Nous exportons des kakis, et à cause de la guerre un certain nombre de pays et de distributeurs ont annulé leurs commandes », a déclaré sur Ynet (Yneetnews : journal israélien sur le Net N.d.T.) Giora Almagor, qui vit dans le sud de la ville de Bizaron. Il a dit que certains de ses produits étaient déjà embarqués et que d’autres sont en attente de chargement dans les entrepôts.
Almagor a dit que de nombreuses annulations venaient de Jordanie. « La production reste emballée dans les entrepôts, et nous cause d’énormes pertes » a-t-il dit.
« Plus les fruits attendent dans les entrepôts et plus ils perdent en qualité. Nous devons aussi payer la réfrigération de la marchandise en attente, et ce coût est considérable », a-t-il ajouté.
Ila Eshel, directeur de l’Organisation des Cultivateurs de Fruits d’Israël a déclaré que les pays scandinaves ont eux aussi annulé leurs commandes.
« Ce sont principalement la Suède, la Norvège et le Danemark , a-t-il dit « En Scandinavie c’est une tendance générale, et ça pourrait entraîner une réaction en chaîne, alors que le boycott était inexistant avant l’offensive de Gaza”.
« Ca devient de pire en pire, et de plus en plus de voix se font entendre qui appellent au boycott des produits israéliens » a-t-il dit. « Jusqu’au début de l’opération, nous faisions d’excellentes affaires malgré la récession économique qui, en Europe, a provoqué une légère chute du marché ».
Il a ajouté que l’hiver est une saison particulièrement difficile pour l’export de fruits, parce que le marché des avocats, des kakis et des citrons est à son plus haut.”

EUROPE/PROCHE-ORIENT. RÉFLEXIONS SUR LA FRACTURE MÉDIATIQUE

Revue Questions de Communication
http://www.ques2com.fr/index.php?p=details&cat=echange&type=article&revue=30&id=736
Numéro 10 - 2006

Claire-Gabrielle Talon

Résumé. - La couverture du conflit israélo-palestinien par la télévision française a révélé les impasses d'une pratique sclérosante de l'objectivité, conçue comme un moyen de neutraliser les oppositions. Mais, être objectif n'implique pas de dépassionner le débat. Plutôt que la négation des points de vue, l'objectivité ne doit-elle pas être pensée comme la confrontation des opinions, la mise en scène des antagonismes ? Car si les médias ne doivent pas pécher par hybris, ils n'ont pas non plus pour fonction dévacuer les passions. À l'heure de la création des grandes chaînes internationales à « point de vue », choisir de repousser l'actualité proche-orientale aux marges de l'information télévisée, c'est à la fois prendre le risque d'aggraver la fracture médiatique entre le degré de politisation des opinions publiques, d'un bord à l'autre de la Méditerranée, mais aussi faire un choix politique. Car la question de la place du conflit israélo-palestinien à la télévision française est aussi celle de la place de la France au Proche-Orient.

jeudi 29 janvier 2009

L’Europe et Obama

Tariq Ramadan
jeudi 29 janvier 2009, par Tariq Ramadan

La quasi unanimité des nations du monde a salué avec ferveur l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis. Les huit années sombres de l’administration Bush allaient enfin se terminer et Obama allait enfin nous réconcilier avec les valeurs démocratiques, une politique intelligente, raisonnable et ouverte. Les premières décisions ont répondu aux attentes : annonce du retrait volontariste et programmé d’Iraq, fermeture de Guantanamo dans l’année, cessation immédiate des « extraditions extraordinaires » (extraordinary renditions) et clôture des centres de détention et de torture à travers le monde. La rupture avec les mensonges et l’instrumentalisation de la peur de l’ère Bush semble bien consommée. Il faut s’en réjouir.Nous l’avons dit, il ne faut pas être naïfs cependant. Barack Obama ne vient pas de nulle part et toutes les forces politiques, économiques et médiatiques qui ont contribué à son élection (des millions de dollars investis dans la campagne électorale jusqu’au façonnement de son image publique) ont bien compris que les Etats-Unis avaient besoin d’une rupture, d’un changement de politique et d’image sur la scène internationale. Il y a, dans l’élection de Obama, quelque chose qui tient aussi de ce qu’en anglais on appelle « pr exercice », une « opération de relation publique » de nature globale et internationale. La question cruciale demeure de savoir si c’est l’enveloppe seule qui sera colorée d’une nouvelle façon ou si nous allons assister à une vraie nouvelle politique américaine. On compare parfois Obama à Kennedy ou à Clinton : n’oublions pas les conséquences dramatiques, et parfois inhumaines, de certaines décisions prises par ces figures apparemment « positives » de la présidence américaine. Le blocus contre l’Irak, décidé par Clinton et son administration, a par exemple provoqué la mort de centaine de milliers de civils innocents : plus que la terreur de Saddam Hussein lui-même et un nombre sans doute équivalent à l’invasion militaire décidée par Georges W. Bush. L’image médiatique policée n’est de loin pas la garantie d’une politique juste, équilibrée, plus « éthique » pour reprendre le terme de Obama lui-même. Loin des caméras, dans des salons feutrés de Washington, de sales décisions ont été prises et continueront sans doute à l’être. Alors qu’il n’était encore que le « président élu », Obama avait lourdement condamné les attentats terroristes en Inde mais il est resté lourdement silencieux lors de l’offensive désastreuse de Gaza : elle fut présentée comme une « guerre », on sait aujourd’hui qu’il s’est agi d’un massacre. Les experts et les médecins parlent désormais et les Nations Unies considèrent de plus en plus qu’il s’est souvent agi de « crimes de guerre » caractérisés. Silence du côté de Washington. Nous savons que les Etats-Unis sont dans une situation économique, politique (et idéologique de surcroît), particulièrement difficile. Elle doit, pour se sauver, se libérer de son arrogance et de son unilatéralisme alors même que sa survie économique passe par l’imposition à autrui de ses règles et de ses décisions. La quadrature du cercle. C’est en connaissant et en identifiant ces difficultés et ces besoins que les pays européens devraient jouer un rôle plus clair dans la redisposition des forces et des équilibres politiques et économiques internationaux. La crise économique globale nous a convaincus que les Etats-Unis étaient bien plus préoccupés par la Chine que par l’Europe (qu’elle semble considéré comme un acteur de seconde catégorie désormais dans les chantiers économiques mais également politiques). La force montante de l’activisme européen, sous la figure de Nicolas Sarkozy, n’a pas à les inquiéter puisque celle-ci se positionne clairement dans le suivisme vis-à-vis des Etats-Unis. Or, c’est le contraire que nous devrions espérer et voir se concrétiser. Comme le rappelait l’ancien Premier Ministre néerlandais, Ruud Lubbers, il faut que l’Europe cesse d’espérer des changements des Etats-Unis tout en restant passive. L’Union européenne doit déterminer une ligne, s’engager pleinement sur la scène internationale, s’imposer dans une attitude autre que celle du spectateur. Connaissant les besoins et les difficultés des Etats-Unis au moment du changement d’administration, une rupture est également nécessaire sur le Vieux continent. L’Europe politique, intellectuelle et idéologique doit opérer sa révolution intellectuelle : sans ce réveil, Obama ou pas, rien ne changera. Tirer parti de la faiblesse actuelle des Etats-Unis non pas pour essayer de dominer mais pour prendre conscience de sa propre force, de ses propres ressources et de son réel potentiel. Au lieu d’entamer encore et encore, la rengaine de la sécurité, de l’immigration, d’une politique méditerranéenne fondamentalement biaisée et d’un positionnement frileux et lâche au Moyen-Orient, il importe que des voies nouvelles se fassent entendre en Europe qui défendent une autre politique intérieure et internationale. Plutôt que d’attendre les ajustements strictement structurels des Etats-Unis en matière d’économie, il serait bon que l’Europe commence une vraie politique économique multipolaire en diversifiant ses partenaires et repense les fondements mêmes de ses choix éthiques en la matière. Les voix européennes qui se réjouissent de l’élection de Obama pour donner un nouveau crédit à leur volonté de s’aligner à leurs choix ne font du bien ni à l’Europe ni aux Etats-Unis : derrière les effets de manche, ils nous trompent et nous proposent les mêmes crises, les mêmes scandales, les mêmes horreurs derrière des mises en scène formelles et médiatiques. La société civile doit rester vigilante. Il nous appartient, à nous, citoyens européens, d’observer ces évolutions politiques et idéologiques et de pousser nos instances politiques à un engagement plus courageux. Réconcilier nos politiciens avec la politique et l’éthique n’est pas une mince affaire : nous avons le devoir de parler, d’être critiques et de dénoncer les mensonges : sur l’économie des nantis, le traitement inhumain des immigrés, les injustices sociales, la politique internationale avec le rôle catastrophique des Etats-Unis et la complicité inacceptable de nos Etats européens. C’est notre devoir citoyen et éthique. Il n’y aura de nouvelle Amérique, avec Obama, que s’il est une nouvelle Europe. Nous aurons ce que nous méritons.